Au cœur du Vivant

Un instant avec… La Rascasse volante

Au sein de cette étendue pas vraiment rassurante, se terre une espèce, un personnage. Et pas n’importe qui. Pterois volitans. Le très respecté Poisson-lion, encore nommé Rascasse volante. Une histoire, un dessein.

Rebonjour, il n’a vraiment pas été facile de décrocher une interview avec vous !

 

Ouais je sais mais faut nous comprendre aussi, on n’aime pas trop parler de nous en ce moment, la situation est vraiment tendue.

C’est sûr. Avant de rentrer dans les détails, pouvez-vous nous parler un peu de vous ?

Ouais ben ce n’est pas compliqué hein, je suis venimeux moi ! Je fais mal !

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C’est-à-dire ?

Une toxine est libérée quand je pique avec mes épines, et au souvenir des cris de certains, je peux vous dire que c’est douloureux. Faut faire gaffe moi je vous dis, même si c’est rare, ma piqûre peut être mortelle.

Vous et votre fratrie faites régulièrement les choux gras de la presse quand il s’agit de déséquilibre écologique. Il est sans cesse rappeler votre prolifération foudroyante. Quelle est votre version des faits ?

Tout ce que moi je veux dire, c’est qu’on était tranquille dans notre coin. Et puis un jour sans prévenir, des gens sont venu me prendre moi et des miens pour nous installer dans les récifs des Caraïbes. Maintenant ils se plaignent qu’on est trop nombreux.Au départ je peux vous assurer qu’on n’était pas content. Mais on a fini par voir le bon côté de ce changement d’habitat : absence total de prédateur naturel ! Hahaha !

L’occasion est trop belle. On a conquis le golfe du Mexique et la mer des Caraïbes. L’atlantique aussi on l’a conquis depuis l’ouragan Andrew de 1992. C’est un ouragan qui a détruit un aquarium du sud de la Floride et libérer 6 des nôtres. Ils ont vraiment fait du beau boulot en Atlantique. Mais notre rêve, notre dessein, c’est d’aller encore plus loin.
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Vous semblez déterminer.
Nous le sommes, mais ça va pas être aussi simple qu’on le pensait. Ils ont monté des tas de pièges un peu partout. Il paraît que depuis 2011 des requins sont dressés au Roatan Marine Park du Honduras, on leur apprend à nous consommer pour nous réduire dans les Caraïbes. En Guadeloupe et Martinique notre consommation est maintenant autorisée.
 
IMG_1141La ciguatera que l’on trouve dans votre venin est pourtant une terrible toxine qui cause de graves intoxications alimentaires, voire des décès…
 
Faut croire qu’on fait de moins en moins peur. Le 31 juillet dernier, l’université d’Hawaï a publié que notre venin ne contient pas de Ciguatera, mais des protéines qui miment l’effet de la ciguatera, qui ont une action similaire. Des chercheurs affirment que notre chair ne pose aucun problème si on la fait bien cuire pour détruire les protéines. Du coup, ils ont l’intention de démarrer des projets de pêcheries à grande échelle de mon espèce. J’vous assure que cette nouvelle n’arrange pas nos affaires.
Votre progression s’annonce compromise !
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Ne vos faites pas de bile, légende de mémoire de poisson ou pas, nous on en a dans le ciboulot.
C’est donc une affaire à suivre. Et Dieu créa la Terre vous remercie pour cet instant !
 

 


Sources
Sciences et avenir Nature – Pourquoi il faut manger de la rascasse volante
wikipedia.org
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Crédit
Clichés perso.

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