Un débrouillard au Sacré-Coeur

18e arrondissement de Paris, au pied du Sacré-Cœur situé sur le sommet de la butte Montmartre.

Le corps élancé et la capuche du sweatshirt en guise de bonnet, Diaïté vadrouille au pied du monument avec son équipe. Ils confectionnent des bracelets pour les touristes, mais en raison des températures négatives, très peu de visiteurs sont présents en cette matinée.

Diaïté se détache du collectif pour discuter, et proposer un bracelet, éventuellement. Sénégalais, sans papier de plus de 3 ans, la vente officieuse de ces accessoires en fil de laine l’aide à subsister.

BraceletLe prix est laissé au bon vouloir du touriste qui, en général, se montre très généreux. Ceux qui aiment, n’hésite pas à donner une pièce symbolique d’un euro, ou à gratifier les vendeurs de 5 ou 10 euros.

« On est debout, ce n’est pas du travail çàJe suis tous les jours ici, et ça ne marche pas bien » confie-t-il, le ton quelque peu amer. Diaïté a connu des contextes plus confortables. Trois années dans le commerce au Cameroun, avant d’aller découvrir la Guinée équatoriale.

C’est sa sœur, qui ramène le fil de laine lors de ses voyages au pays. Pour apaiser sa nostalgie, le trentenaire s’est résolu à n’utiliser que du fil aux couleurs du drapeau sénégalais : du vert, du jaune, du rouge.

Malgré l’ambiguïté des jours à venir, Diaïté reste reconnaissant à la vie d’être en bonne santé. « Hakuna matata, cest déjà beaucoup » lance-il, lorsque quelques centimes viennent récompenser son œuvre.


Cliché perso.

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