Menaces sur le secteur laitier

Les producteurs de lait, les transformateurs et les distributeurs se concertent durant ce mois de février 2017 pour fixer les tarifs de vente annuels. 

 

Les producteurs de lait demandent aux industriels une révision du prix d’achat de leur production. Fournir une tonne de lait coûte 450 euros contre 300 euros environ à la vente, d’après Boris Gondouin, président de l’APLI (l'Association des Producteurs de Lait Indépendants). Crédit eve-basse-normandie.fr
Les fournisseurs de lait demandent aux industriels une révision du prix d’achat de leur production. Produire une tonne de lait coûte 450 euros contre 300 euros environ à la vente, d’après Boris Gondouin, président de l’APLI (l’Association des Producteurs de Lait Indépendants). Crédit eve-basse-normandie.fr

« La distribution française doit comprendre qu’en un an, l’équilibre des marchés laitiers a diamétralement changé », déclarait la Fnil (Fédération nationale de l’industrie laitière privée) dans son communiqué du 7 février 2017. La production de lait a diminué de 3% l’année dernière, suite aux difficultés financières des éleveurs et aux mauvaises récoltes fourragères. La hausse des prix sur le marché laitier entraîne une flambée des coûts du beurre (fabriqué à partir de la crème grasse du lait, ndlr)2.500 euros la tonne de beurre en mai dernier contre 4.500 euros en janvier 2017, selon l’Institut de l’Elevage.

Un produit phare

« Le beurre a retrouvé ses lettres de noblesse », atteste Marie-Paule Pouliquen, Directrice Marketing et Développement de Laïta (première entreprise coopérative laitière du Grand Ouest). Le British Medical Journal publiait une analyse récente qui appuie un nouveau discours des scientifiques. Il n’y aurait pas d’augmentation des risques cardio-vasculaires lié à une consommation modérée des graisses saturées présentes dans le beurre. Le taux de demande pour cet aliment progresse dans le monde entier. « La Chine a beaucoup importé, plus que la normale, d’autres pays comme la Thaïlande, les Philippines et le Mexique aussi », analyse Gérard You, chef du service économie des filières à l’Institut de l’élevage.

Concertation décisive

Pour l‘année en cours, la Fnil réclame une hausse des prix du lait à des niveaux plus supportables pour les producteurs. La fédération négocie en cette heure une revalorisation des tarifs de ventes. Si les tractations échouent « c’est toute la filière laitière qui sera sinistrée avec des conséquences dramatiques pour l’agriculture française et la vie économique des territoires ruraux », prévient la Fnil.

 

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