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Tomates, poivrons et piments en porte-à-faux !

La consommation des fruits infectés par le virus ToBRFV est fortement déconseillée, en raison de leur maturation complètement bouleversée et irrégulière. Crédit photo : Radio France – Sixtine Lys.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (L’Anses) met en garde contre ce virus dangereux et émergeant. Il s’attaque aux plantes potagères dont les fruits sont fréquemment consommés sur la planète. Pour le moment, les plants français ne sont pas touchés.

Panique dans les plantations ! L’Anses alerte l’opinion publique dans une expertise publiée ce mardi 4 février, au sujet de la dissémination mondiale du virus infectieux des tomates, poivrons et piments, tomato brown rugose fruit virus (ToBRFV). Le germe a été identifiée pour la première fois en 2014 au Moyen-Orient. Il a atteint plusieurs zones du monde y compris l’Europe. « Il y a des foyers en Espagne, Italie, Pays-Bas, en Grèce, au Royaume-Uni… Au niveau européen, la mobilisation est générale. Nous sommes très vigilants, parce que le risque est élevé », s’inquiète Philippe Reignault, directeur de la santé du végétal à l’Anses. ToBRFV possède l’aptitude d’attaquer la totalité de la plante. Des symptômes se manifestent au niveau des feuilles, des organes associées à la fleur, et du fruit. L’aspect parfois rugueux et les déformations leur donnent un aspect non commercialisable. « En Jordanie, il y a eu 100% de plantes infectées. Dans les pays moins touchés, le virus a fait 8 à 10% de dégâts, mais il faut savoir que pour un producteur professionnel de tomates, 10% de pertes, c’est déjà insupportable économiquement. Même dans le scénario le moins impactant, le risque est difficile voire impossible à supporter par le secteur professionnel », déplore l’expert.

Potagers particuliers

Les semences provenant de circuit court et d’échanges entre voisins restent à privilégier pour des cultures amateures. En se procurant les différentes graines sur Internet, sans certitude sur l’origine géographique, le particulier augmente le risque de se retrouver avec des plants de tomates, poivrons ou piments infectés. Philippe Reignault préconise la vigilance et la tolérance zéro « en cas de symptômes observés sur les plantes » : il faudrait, « les déclarer au Service régional de l’alimentation (Sral), à la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (Fredon) ou à la chambre d’agriculture locale. » Afin d’éviter tout risque de confusion des symptômes liés au virus ToBRFV avec ceux d’autres maladies, l’idéal consiste à prendre un maximum de précautions et éradiquer les plantes suspectes.

Audrey Yemo

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